Chronique japonaise ( 1 )


 
Bonjour a tous,
quelques nouvelles de l'autre bout du monde. Le voyage, meme sans
problemes notoires, s'est avere plutot eprouvant. Depart de
l'appartement d'Alameda a 6 du matin le samedi, arrive a l'hotel de
Yokohama le dimanche a 8h du soir. De perdre ainsi un week end est
pychologiquement difficile. Enfin, ce fut l'occasion de confirmer un
point qui m'avait toujours tracasse : la ligne de changement de date.
Elle existe bien, dans le pacific, cote Asie, autour de laquelle le
decalage est de 24h ! Pour le retour, nous devrions donc arriver avant
meme d'etre parti...

L'arrive donc, fut comme prevue assez impressionante. Un enchevetrement
de buildings, voie expresses, enseigne lumineuses. Et meme si cela est
une evidance, de ne voir que des japonais, ne plus savoir  ni lire ni
parler fait tout de meme un choc. L'hotel ou nous restons pour quelques
jours, en attendant que l'appartement soit installe,  est tres luxe. On
se regale de tous les gadgets. A titre d'example, les toillettes
comprennent pas moins de 5 boutons ! Quand a la douche, j'imagine
qu'elle egale celle de Jean-Pierre. Mais malgre cette abondance de luxe,
nous attendons  impatiemment de recuperer l'appartement. Constat simple
: le luxe ne convient guere aux enfants.

Le Japon est definitivement LE pays de la mode, tous les magasins de
haute coutures (France, Italie,...) s'y retrouvent et font sans aucun
doute fortunes. Se mettre au niveau va etre difficile. Pour atout, nous
avons tout de meme le "type" europeen, qui plait bien ici.  Les cheveux
blonds des enfants font le regal des japonais qui ne se retiennent pas
de les toucher. Ils se prennent en photo avec eux.

Lundi, premiere journee au travail, a NEC, qui est une gigantesque
companie. A Kamoi, plus de 3000 ingenieurs et ouvrier se cotoient pour
leur 13 heures quotidiennes. L'entreprise, qui conserve de nombreux
traits du passe, est regie par de mulitples regles : On croise par la
droite, on ne fume pas entre 8h30 et 9h30, on trie tout (pas moins de 8
poubelles differentes), on mange entre midi et 1h,... la liste est
longue.  Dans tous les couloirs, des ranges de casques s'alignent sur
les murs, marquant le danger permanent des tremblements de terre, encore
plus frequent ici qu'en Californie. A intervalles reguliers, les hauts
parleurs debitent de courtes musiques suivies de messages que je ne
comprend pas, peut etre des eloges du travail ?
Durant ces premieres heures dans NEC, j'ai humblement effectue mes
courbettes, prenant bien soin de porter religieusement les cartes de
visites qui m'etaient donnes, suivant les quelques regles de savoir
vivre que je connaissais.

Les japonais sont de gros fumeurs, mais la liberte d'antant, comme
ailleurs disparait. Il n'est guere possible de fumer dans les endroits
publiques, et meme les quais de gare, ouverts aux vents froids et
puissants du pacifiques comprennent des zones fumeurs. Dans NEC, des
petites salles sont reserves aux fumeurs. On s'y entasse, serrant les
coudes et suivants une procedure tres stricte. On entre, prend un
cendrier dans la pile, fume sa cigarette, trempe le bout dans un petit
baquet d'eau pour bien l'eteindre une fois finie, vide le cendrier dans
une poubelle reservee a cet usage, range le cendrier et retourne au
travail.

Chaque jours, je me retrouve confronte au probleme des Kanji. Que ce
soit pour prendre le train ou remplir des formulaires d'entree dans NEC.
J'essaye de reperer quelque Kanji connu, qui est sense me concerner.
C'est dur ! Le train est toujours une experience, avec l'angoisse de se
tromper de ligne ou de direction. Heureusement, la majorite des japonais
on quelques rudiments d'anglais et tous sont extremement serviables.
 
 
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